Rechercher dans ce blog

dimanche 17 juillet 2016

PRIMUS - Live At Bloom '90, le premier bootleg

Gatto Pazzo Produzioni ‎– 002 
Italie - 1992

Les codes sont faits pour être cassés, vous n'êtes pas d'accord ? C'est donc pour ça qu'aujourd'hui nous n'allons pas parler d'un vinyle, mais bel et bien d'une ... cassette audio!

Après le succès d'un album live "Suck On This" en 1989 et ses rapides multiples rééditions couleurs sorties dans la foulée (premier pressage pressé à 1000 exemplaires sur le label Prawn Song), le groupe ne tarde pas à expédier son premier album studio "Frizzle Fry" en 1990 et à se lancer dans une tournée mondiale.

Quand on écoute Primus en live, c'est comme si nous lisions un comics Batman, sauf que le héros de l'histoire serait le Joker. Le pouvoir de ce mauvais génie se libère totalement lors des concerts, lorsque celui-ci court de gauche à droite sur scène, tourne sur lui-même et fait frapper frénétiquement sa jambe au sol pour battre le rythme, tel un fou qui aurait respiré la toxine hallucinogène de L'Epouvantail.

Nous sommes donc ici en 1990 et la jeune carrière de Primus commence à prendre une tournure mondiale. Sur cette cassette, la bande est en Italie, plus précisément dans la petite commune de Megazzo. Même s'il joue dans un village de 4000 habitants, ceci n’empêche pas Les Claypool de sortir de ses gonds!
Le son, de qualité acceptable, nous donne une très bonne idée de la terreur qu'est Primus sur scène. Ayant exactement la même voix qu'en studio et martelant sa basse avec autant de passion, Claypool a laissé une trace extraordinaire sur cette bande audio peu connue.
Ayant eu le courage de tenir son magnétophone pendant une bonne partie du concert, le jeune italien laissera connaitre son contenu deux ans après le concert, en 1992, sur une cassette limitée et numérotée. La face B restera d'ailleurs vierge, j'imagine que le concert n'a pas été enregistré en totalité.

Si jamais vous voyez passer une de ses cassettes, ne la laissez pas filer! Il y a plein de couleurs et d'images dedans!

dimanche 10 juillet 2016

AREKNAMES - Areknamés

Black Widow Records ‎– BWR 071
LP gatefold
Italie 2003



Afficionados du rock-prog 70's, prenez place et asseyez-vous bien confortablement, car ce groupe italien vous fera vibrer en vous replongeant dans une époque où le Progressif était à son apogée. Ici les références aux seventies sont pléthores ! Sur la pochette intérieure Areknamés y a pris soin de remercier ses maîtres et idoles du passé, VDGG, Egg, Atomic Rooster, Czar, Soft Machine, King Crimson, Black Sabbath, Il Paese del Balocchi, Caravan, Le Orme.... La liste est trop longue....

Areknamés, dont le nom est à mon avis tiré du 3e morceau de l'album Pollution (1972) de l'artiste italien Battiato, est en 2003 un trio originaire de Pescara, sur la côte Est italienne, fondé en 2000 par son leader et principal compositeur, Michele Epifani, après moults changements de personnel et de noms depuis 1997.

Dans ce premier album, Areknamés nous propose un rock progressif plutôt sombre qui rappelle immédiatement VDGG (la voix de Michele parfois proche de celle de Peter Hammill), où les nombreux claviers (Hammond C3 (1972), Yamaha DX21 (1985), Fender Rhodes, Mellotron, Clavicembalo) se marient aux guitares qui alternent douceur et puissance façon Atomic Rooster. Si vous ajoutez les ambiances des premiers King Crimson, vous obtenez ce savant mélange qui donne à ce premier jet d'Areknamés toute sa saveur. Mais Areknamés c'est aussi un peu de jazz façon Canterbury, du psychédélisme façon Pink Floyd des débuts, ou encore des ambiances chères aux suédois d'Anekdoten.




Un mot sur l'excellent label italien Black Widow:
Basé à Gênes fondé en 1990, il est spécialisé en Rock Progressif, Psychédélique, Hard Rock, Folk et Dark. Le catalogue de Black Widow a aujourd'hui près de 200 productions italiennes et étrangères, y compris les groupes internationaux  comme Hawkwind, High Tide, Pentagram, Black Widow, Paul Roland, Delirium, Latte e Miele, Orme, Jacula, Antonius Rex, Nuova Idea, Northwinds, Malombra, il Segno del Comando, il Tempio delle Clessidre, Il Cerchio d’Oro, Universal Totem Orchestra, The Black, L’Impero delle Ombre, Goad, Abiogenesi, Standarte et bien d'autres.

Black Widow c'est aussi une boutique située dans la Via del Campo (la voie de la musique à Gênes) ; en fait elle représente également un point de repère et un lieu de rencontre pour les amateurs de rock. Dans la boutique, vous trouverez des centaines de raretés en vinyle, mais aussi des rééditions, des CDs, DVDs, livres musicaux et fanzines.


Michele Epifani - orgue, piano électrique, synthétiseur, Mellotron, guitares acoustique et électrique, chant
Piero Ranalli - basse
Mino Vitelli - batterie, djembé, tabla arabe, spring drum


A1    A Day Among Four Walls   
A2    Wasted Time   
A3    Down   
B1    Season Of Death   
B2    Boredom
Lead Guitar – Stefano Colombi
B3    Grain Of Sand Lost In The Sea

samedi 9 juillet 2016

PETER HAMMILL - Fool's Mate

Charisma ‎– CAS-1037
Gatefold Textured Cover
USA 1972
Album sorti en 1971 en Grande-Bretagne, au Canada et en Allemagne



Le plus simple pour aborder l'oeuvre de Peter Hammill est peut-être par le commencement, son premier opus, Fool's Mate. Auteur prolifique, il a écrit ou co-écrit pas loin de 50 albums sous son seul nom, ou en collaboration avec d'autres artistes. On peut le découvrir dans sa période proto-punk (Nadir's Big Chance - 1975) ou plus intimiste (The Love Songs - 1984), on peut le trouver moins inspiré par moment, force est de constater qu'il n'en reste pas moins un auteur, compositeur et interprète qui touche parfois au sublime et qui, surtout, possède une personnalité tellement à part.

En 1971/72 son groupe, Van Der Graaf Generator, vient de stopper sa route après la sortie de l'album Pawn Hearts. A l'époque on ne le sait pas encore- mais le quatuor reviendra en 1975 pour une de ses créations les plus réussies, Godbluff. Alors que le trio Banton/Jackson/Evans se produit au sein de The Long Hello, Peter Hammill, décide d'enregistrer un album plus personnel, même si l'amateur de VDGG n'est en aucun cas en territoire inconnu lors de l'écoute de Fool's Mate. On en veut pour preuve la présence de ses comparses du Generator parmi les musiciens inivtés ici : Nic Potter à la basse, Guy Evans à la batterie et aux percussions, Hugh Banton à l'orgue et piano, et David Jackson au saxo et à la flûte. A noter la présence de Robert Fripp (King Crimson) à la guitare électrique, de Rod Clements (basse, violon) et Ray Jackson (harpe, mandoline) de Lindisfarne, groupe de folk rock anglais.

La majorité des compositions de Fool's Mate appartiennent au passé, écrites pendant les jeunes années de VDGG (de 1966 à 1969), à l'origine jouées par le groupe. Un album de chansons plus qu'un réel album solo qui pourrait contenir de l'extravagance, avoue Peter Hammill dans les notes de la pochette gatefold intérieure :
This isn't intended to be any kind of statement of my present musical position, but at the same time it is an album which involves a great deal of me, the person, being basically a return to roots. The songs are, for the most part, three to four years old, and were written in the formative years of Van der Graaf, some of them were originally played by the band in its early days and forms. This is, therefore, an album of songs rather than musical extravaganzae, and as such is dedicated to all the people who encouragised/energised them at the time they were written, who have shed new light on them since, and all those who helped in the making of the album, directly or indirectly.
Peter Hammill

L'auteur de la pochette, le célèbre Paul Whitehead dans les années 90

Fool's Mate : Le mat du lion appelé également mat du sot, mat du débutant, mat de l'imbécile ou mat de l'écolier est la plus courte partie d'échecs possible, elle ne dure que deux coups. Cette partie a surtout un rôle éducatif : elle montre le danger de pousser arbitrairement ses pions. (source Wikipedia)

dimanche 26 juin 2016

TIM BUCKLEY - Best Of (Rhino 1983)

Rhino Records ‎– RNLP 112
Compilation
USA 1983



Timothy Charles "Tim" Buckley III (Février 14, 1947 – Juin 29, 1975)

C'est en choisissant d'écouter cette compilation que je décidais au même moment d'étudier de plus près son contenu. Il existe, selon mes recherches, seulement deux compilations de Tim Buckley en vinyle. L'anthologie The Late Great Tim Buckley (Australie WEA-1978) comporte 10 titres, dont 3 en commun avec celle de Rhino qui sortit en 1983. Il faudra attendre 1991 pour profiter en vinyle d'un mini album regroupant des Peel Sessions de 1968 (Strange Fruit ‎– SFPS082).

Cette compilation s'attarde notamment sur deux albums, le premier sorti chez Elektra en 1966 et le quatrième, Blue Afternoon (Straight) en 1970. Lee Underwood (guitare et claviers) est le musicien qui sera le plus fidèle à Tim Buckley, présent sur sept des neuf albums du song-writer américain. Il participa à ses différentes évolutions musicales, folk vers le folk-rock, vers le jazz, vers une musique plus avant-gardiste, puis vers une musique plus easy-listening.
Carter C.C. Collins (congas et percussions) fut également un musicien important dans l'oeuvre de Buckley, présent sur trois albums, c'est lui qu'on aperçoit en arrière-plan, sur la pochette de cette compilation. 
Lee Underwood et Tim Buckley

Enregistré pendant l'été 1967, Goodbye and Hello, marque un pas considérable pour Buckley. Plus ambitieux que le premier album, il comporte des touches psychédéliques plus marquées.
Buckley et Lee Underwood s'éloignent peu à peu du Rock et du business de la musique, choisissent de suivre leurs propres instincts créatifs, et s'orientent vers le Jazz, en écoutant Charles Mingus, Miles Davis ou Thelonious Monk, influences que l'on retrouve sur l'album Happy Sad.
Buckley avait lui-même produit Blue Afternoon, empreint du style mélodique folk-jazz dans la continuité de Happy Sad, avec les mêmes musiciens, et un nouveau batteur, Jimmy Madison. Blue Afternoon n'est réellement pas l'album qui fait suite, puisque Buckley avait entre-temps enregistré Lorca pour le label Elektra, qui correspondait plus à ses ambitions, mais dont cette compilation ne comporte pas de titres. Dommage ...
Malgré le manque d'intérêt du public pour Lorca, Buckley poursuit avec Starsailor, inspiré par des composteurs de musique contemporaine comme Messiaen, Penderecki et Stockhausen, ainsi que le jazz d'avant-garde. On retrouve à nouveau Buckley aux manettes de la production, entourés de musiciens tels que Maury Baker au timpani et Bunk Gardner (saxo tenor et flûte alto) des Mothers of Invention. Malgré des côtés complexes, Starsailor contient le très planant Song To The Siren, sans doute le titre le plus connu de Tim Buckley.
Pas d'extrait de Greetings From L.A. sur ce best-of. On y trouve par contre le réussi Dolphins, extrait de Sefronia, album assez pauvre, comme son prédécesseur. Buckley y développe un funk-rock sans profondeur. Une fin de carrière sans saveur qui s'achève avec l'album Look at the Fool.


Ce Best of de Rhino nous offre l'opportunité de plonger dans le monde d'un artiste qui aura eu une vie courte, mais une discographie conséquente. Depuis son premier album éponyme en 1966 aux ambiances folk, incorporant au fil des ans et des albums qui ont suivi, des influences musicales assez variées, Tim Buckley a également toujours su mettre en avant sa voix, l'utilisant comme un instrument de musique. Cet artiste, mort à l'âge de 28 ans, n'a malheureusement pas goûté au plaisir du succès commercial, mais fut admiré par les générations suivantes pour ses qualités de song-writer, de musicien et de chanteur. La chanson Song To The Siren fut par la suite reprise par un grand nombre de groupes et musiciens, dont Cocteau Twins pour la session This Mortal Coil, John Frusciante, Robert Plant, Susheela Raman, Brendan Perry de Dead Can Dance, Sinéad O'Connor et Bryan Ferry (sur l'album Olympia paru en 2010), et cela montre ô combien l'influence de Tim Buckley fut et reste importante !

Discographie :

Tim Buckley (Elektra) 1966
Goodbye and Hello (Elektra) 1967
Happy Sad (Elektra) 1969
Blue Afternoon (Straight) 1970
Lorca (Elektra) 1970
Starsailor (Straight) 1970
Greetings From LA (Warner Bros/Straight) 1972
Sefronia (DiscReet) 1973
Look at the Fool (DiscReet) 1974
The Late Great Tim Buckley (Aus. WEA) 1978


The Best of Tim Buckley (Rhino) 1983

A1    Aren't You The Girl (1st)
A2    Song For Janie (1st)
A3    I Can't See You (1st)
A4    Carnival Song (Goodbye and Hello)
A5    Goodbye And Hello (Goodbye and Hello)
A6    Dolphins (Sefronia)
B1    Happy Time (Blue Afternoon)
B2    I Must Have Been Blind (Blue Afternoon)
B3    The River (Blue Afternoon)
B4    Strange Feelin' (Happy Sad)
B5    Song To The Siren (Starsailor)

dimanche 19 juin 2016

AND ALSO THE TREES - Born Into The Waves

AATT LP09
UK
Sortie le 18 Mars 2016

Edition limitée à 500 exemplaires
A se procurer sur le site de AATT http://www.andalsothetrees.co.uk/product/born-into-the-waves-vinyl/ et pendant les concerts (voir la tournée ci-dessous)


Un nouvel album de AATT est toujours un plaisir à déguster. Ce groupe est un des plus beaux trésors britanniques qui demeure magnifiquement préservé des circuits ordinaires, des radios, voire des bacs des disquaires. Born Into The Waves est le second album du groupe à paraître depuis leur retour en force (je l'avoue, l'expression est exagérée) en 2012 avec le magnifique Hunter Not The Hunted, édité en vinyle dans un format 2x10" (25 cm) du plus bel effet.

On commence par aborder ce vinyle de l'extérieur. Une pochette simple, papier recyclé mat, inner sleeve comportant les paroles, quelques motifs floraux. L'illustration sur la pochette a été réalisée par Anouk de Groot, une artiste qui est basée en Ecosse (https://anoukdegroot.com/illustration-3/). Ce genre d'expression graphique sied parfaitement à ce groupe dont les références sont la nature, les sentiments, les élements, la poésie, l'Angleterre Victorienne.

Le vinyle se met à jouer et le charme est toujours bien présent, AATT est insensible aux modes qui se suivent depuis plus de 30 années. Rien de réellement neuf, mais de nouvelles compositions toujours aussi enivrantes, tendrement émouvantes, débordantes de poésie mélancolique et de romantisme.

Un pont a été lancé entre The Millpond Years (1988), Farewell To The Shade (1989) et ce Born Into The waves. Le groupe qui avait su explorer d'autres univers musicaux durant les années 90 tout en conservant son essence, nous délivre ici un excellent opus, libre, apaisé, émouvant, avec un sens du clair-obscur qui n'appartient qu'à lui seul.

Emer Brizzolara (claviers, dulcimer et melodica) a visiblement quitté le groupe récemment... L'excellent bassiste Ian Jenkins a du également laisser sa place, pour raisons personnelles. Il est toutefois présent sur tous les titres sauf Boden, assuré par Grant Gordon, ancien musicien du farfelu poétique Neil Hannon (The Divine Comedy) au milieu des 90's, et plus récemment impliqué dans le projet The Scarlet Oak.

Ne passez pas à côté de ce groupe précieux et unique.


Basse – Ian Jenkins
Batterie, Harmonica, Glockenspiel – Paul Hill
Guitare, Xylophone, Orgue, Vibraphone – Justin Jones
Voix – Simon H Jones

Clarinette – Colin Ozanne (A3, B5)
Voix Additionnelles – Adam Sherry (A4)
Basse – Grant Gordon (B4)

A1    Your Guess
A2    Hawksmoor & The Savage
A3    Winter Sea
A4    Seasons & The Storms
A5    The Sleepers
B1    Bridges
B2    The Bells Of Saint Christopher's
B3    Naitō-Shinjuku
B4    Boden
B5    The Skeins Of Love

KATE BUSH - On Stage [EP 12"]


Sonopresse 2C 062 07133 
12", EP, 33 ⅓ RPM
France 1979

Extraits du Tour Of Life (2 April – 13 May 1979)




Kate Bush est une artiste à part à plusieurs égards. Auteur-compositrice, danseuse, productrice de disques, c'est une soprano qui possède une tessiture vocale immédiatement reconnaissable. Artiste unique, éventuellement copiée, jamais égalée, elle n'a offert à ses fans qu'une seule tournée en 1979 (si l'on exclue son retour sur scène en 2014). C'est l'objet de cette chronique.

Catherine (Kate) Bush est née à Bexleyheath dans le comté de Kent le 30 juillet 1958. Elle grandit aux côtés de Robert Bush, son père et Hannah Daly, sa mère et ses deux frères, John et Paddy. Elle est élevée dans un milieu tourné vers les arts : sa mère était une ancienne danseuse de folk irlandais, son père, médecin, un pianiste, Paddy un fabricant d'instruments de musique et John était un poète et un photographe. L'influence musicale de sa famille fait qu'elle décide d'apprendre par elle-même à jouer du piano à l'âge de 11 ans mais aussi de l'orgue et du violon. Elle écrira ses premières chansons durant son adolescence. Repérée par David Gilmour, un ami de la famille Bush, celui-ci lui finance l'enregistrement d'une cassette démo envoyée au label EMI qui signe de suite la jeune Kate âgée de seulement 16 ans. Malgré cela, elle va passer les deux années qui suivent à l'école afin d'obtenir ses diplômes, tout en s'investissant dans l'apprentissage de la danse auprès de Lindsay Kemp, ancienne prof de David Bowie, et du mime avec Adam Darius.

Kate édite son premier album The Kick Inside, en 1978. Certaines des chansons avaient été écrites  à l'âge de 13 ans ! Kate insiste auprès de EMI pour choisir "Wuthering Heights" comme le premier single extrait de The Kick Inside. Son choix s'avère judicieux car ce titre atteint la première place des charts en Grande- Bretagne et en Australie.

A la fin 1978, EMI persuade Kate de rapidement enregistrer un nouvel album, histoire de surfer sur le succès de The Kick Inside. Kate a souvent exprimé son insatisfaction quant à Lionheart, précisant qu'elle aurait aimé avoir plus de temps pour le réaliser. Ce second album ne rencontre pas le même accueil et atteint "seulement" la sixième place des charts.

Affiche de la tournée The Tour Of Life 1979
En mars 1979, il est décidé d'organiser une tournée qui sera appelée The Tour of Life. Les répétitions débutent au Rainbow Theatre au nord de Londres. Le spectacle nécessite un large écran sur lequel seront projetées des images et des séquences de film. Est installée une rampe centrale inclinée vers l'avant de la scène, le groupe se trouvant de chaque côté en retrait, dans l'obscurité.

Kate Bush s'impose alors comme une artiste indépendante qui démontre un grand professionnalisme, dans un monde dominé par les hommes. Elle se battra souvent contre les préjugés, et les préjudices infligées aux femmes. Peu d'artistes avaient eu le courage et l'ambition de présenter des concerts qui étaient des spectacles entiers, le seul réel exemple étant Diamond Dogs Tour de David Bowie la même année. Pour The Tour Of Life, il faut s'imaginer 13 personnes sur scène, 17 changements de costume au cours de 24 chansons. Son frère John déclame de la poésie, Simon Drake fait des tours de magie et d'illusions, et au milieu de tout ça, évolue la jeune Kate alors âgée de 20 ans ! A noter aussi un élément essentiel : l'utilisation pour la première fois d'un micro sans-fil que Kate porte discrètement grâce à un casque. C'est la solution qui a été trouvée car la jeune chanteuse est également danseuse et performeuse.

Chaque chanson est l'occasion de scènettes et de personnages différents. Pour Them Heavy People elle porte un trench-coat, jouant un gangster. Pour Oh England, elle joue le rôle d'un pilote de la IIe guerre mondiale qui meurt.... puis un apprenti sorcier, une sirène, etc.

Malheureusement un accident dramatique se produit. Le 2 avril au Poole Arts Centre dans le Dorset, l'ingénieur lumières Bill Duffield tombe d'une hauteur de 9 mètres et décède. La tournée s'achève après trois concerts additionnels au Hammersmith Odeon qui faisaient suite à 10 concerts en Europe. La première nuit - Peter Gabriel et Steve Harley sont invités - est un hommage à la famille Duffield, les fonds récoltés leur étant reversés. La seconde nuit est filmée, mais tous s'accordent à dire que cette vidéo ne captura pas vraiment l'essence du Tour of Life.


Bien que Kate semblait née pour s'exprimer sur une scène, la décision qu'elle prit d'arrêter les tournées ne mit pas fin au lien fort qu'elle entretint avec son public. Elle sut utiliser sa créativité dans des clips vidéos et dans le travail en studio, préférant le silence et la solitude. Elle considérait que les tournées coûtaient trop cher, et détestait la vie stressante et virevoltante qui en découlait : aéroports, hotels, rencontres avec la Presse... Tout cela représentait pour elle le contraire de la manière dont elle voulait conduire sa vie personnelle et sa carrière.

Son retour sur scène en 2014, 35 ans après sa dernière prestation scénique live, fut un évènement.... Mais ceci est une autre histoire.

Discographie sélective :

The Kick Inside (1978)
Lionheart (1978)
Never for Ever (1980)
The Dreaming (1982)
Hounds of Love (1985)
The Sensual World (1989)


Kate Bush – vocals (plus occasional piano/keyboards)
Paddy Bush - mandolin, background vocals, various instruments
Brian Bath – electric guitar, acoustic mandolin, background vocals
Alan Murphy – electric guitar, whistles
Kevin McAlea – piano, keyboards, saxophone, 12-string guitar
Ben Barson – synthesizer, acoustic guitar
Del Palmer – bass guitar
Preston Heyman – drums
Liz Pearson – background vocals
Glenys Groves – background vocals

A1    Them Heavy People
A2    Don't Put Your Foot On The Heartbrake
B1    James And The Gold Gun
B2    L'Amour Looks Something Like You

LE ORME - Collage

Philips ‎– 6323 007
Pochette gatefold brillante
Italie 1971



Un des groupes italiens des seventies les plus importants, au même titre que P.F.M. et Banco Del Mutuo Soccorso, les seuls à avoir réellement eu du succès auprès des "prog-ophiles" étrangers.
Le Orme (en italien "les empreintes"), formé à Marghera (proche Venise) en 1966, évoluait d'abord dans un style beat et psychédélique, à l'image de ce qui avait du succès à l'époque en Grande-Bretagne. En 1968 sort l'album Ad Gloriam aux couleurs pétillantes et bigarrées comme l'indique sa pochette.



1968 - Ad Gloriam
Mais dès l'album Collage en 1971, la rupture musicale est annoncée, Le Orme met bel et bien les deux pieds dans le monde du rock progressif. Le quintet devenu trio - le guitariste Aldo Tagliapietra ayant troqué sa guitare pour une basse - développe dorénavant un style assez proche de celui de E.L.P., la démesure et la technicité en moins. Paradoxalement, Le Orme ne sera pas signé sur le label Manticore créé par le trio britannique, alors que ce sera le cas de PFM ou Banco... En 1970, le groupe signa un contrat avec Philips pour qui il publia 10 albums en 10 ans.

Collage s'était bien vendu car il avait bénéficié d'une bonne promo des radios italiennes. L'original se présente sous la forme d'une pochette gatefold brillante, les rééditions ont une pochette simple et mate. Le label Philips original est bleu électrique avec une écriture blanche, contrairement aux rééditions (bleu différent et lettres couleur crème). A la fin des années 70, tous les albums de Le Orme furent réédités en mid-price avec une pochette simple, sans inserts ou pochettes intérieures. Quelques exemplaires des années 80 existent également avec le même numéro de catalogue, label et textes bleu. Les 11 albums (Collage, Uomo di pezza, Felona e Sorona, Contrappunti, In concerto, Smogmagica, Verità nascoste, Storia o leggenda, Florian, Piccola rapsodia dell'ape, Orme) furent réédités dans un coffret CD en version remastérisée, par Universal (0602527156545) en 2009.


Philips (6323 007)    1971    pochette gatefold brillante
Philips/Successo (9279 627)    fin des 70's   réédition pochette simple
Philips/Universal (2786148)    2011    réédition pochette gatefold
BTF/Vinyl Magic (VM LP 173)    2015    nouvelle réédition pochette gatefold, vinyle clear


Single 7" : Sguardo verso il cielo / Cemento armato - Philips (6025 048)- 1971


Aldo Tagliapietra - Voix, Basse, Guitare Acoustique
Toni Pagliuca - Orgue Hammond, Piano Electrique, "Generatore"
Michi Dei Rossi - Batterie, Percussions

A1 Collage
A2 Era Inverno
A3 Cemento Armato
B1 Sguardo Verso Il Cielo
B2 Evasione Totale
B3 Immagini
B4 Morte Di Un Fiore